11.09.2011
Sauvés par le 09-11

C'est marrant ça, comme le sportif s'est fait discret ce week-end. Comme si le costaud du crampon avait trouvé honteux de s'épancher sur un terrain de jeu pendant qu'un peu partout dans le monde on essayait de se souvenir de ce qu'on faisait le 11 septembre 2001. Comme d'hab ! On était tous devant la télé... Et franchement, on ne rigolait pas vraiment.
Avec dix ans de recul, vu qu'on n'a pas tous la star spangled banner autour du cou, on a laissé à d'autres le soin de célébrer ce triste anniversaire et puis on a zappé pour retrouver Stade 2. Mais en ce dimanche soir du 11 septembre 2011, on se dit qu'ils sont quelques-uns à avoir indirectement profité des évènements que l'on sait.
Je veux parler de Jeannie Longo, du XV de France, de Sébastien Loeb, de la Berrichonne football, de l'équipe de France de basket, de l'OM, de Juan José Cobo (ou la Vuelta selon que l'on se place dans la peau d'un organisateur ou d'une chaudière) ou de Gilles Simon.
Eh oui ! Si les médias, dans un bel ensemble, n'avaient pas fait leurs choux gras du 09-11, on aurait pu disserter sur les prestations de cette jolie troupe qui s'est fait botter les fesses plus ou moins fortement ces derniers jours. Un Berrichon qui côtoie Raoul notera avec satisfaction que Dupneu n'a pas zappé la performance de la mère Jeannie.
Il faut dire que grâce à elle et à ses trois « no show » comme on dit, on a découvert que vivre en ermite n’est visiblement pas la panacée dans ce monde de brutes. Occuper son quotidien à traire des chèvres, à boire des tisanes de pissenlit ou à se faire des vestes en peau de mouton à la lumière de la chandelle, ça vous fixe très vite d'évidentes limites. Or le sportif de haut niveau, le cycliste en particulier, est assujetti à quelques contraintes. S'équiper d'un ordinateur et d'un téléphone portable n'est pas la moindre d'entre elles.
Alors Mamie Jeannie, te voilà dans de beaux draps. Y a plus qu'à assumer. Tu verras, se mettre à l'informatique de nos jours, ça ouvre les horizons. Les seniors ont droit à des sessions de formation. Avec les réseaux sociaux, à toi les grands espaces. Encore plus vastes que tes Alpes ou les Rocheuses dans lesquelles tu vas te régénérer chaque année. Enfin, on appelle ça comme ça. Mais vu ton statut de sportive préférée des Français, tu ne devrais pas prendre trop cher. On connait des rugbymen bayonnais qui se sont fait très vite oublier après avoir écopé de leurs trois mois de suspension. C'est vrai, ça va pas redorer le blason du vélo. Mais il s'en remettra...
Estebanez, ce héros !
S'en remettre. Et à qui, d'ailleurs ? Quand on se fait secouer par le Japon comme l'ont été les Français d'Auckland, qu'on frôle un Pearl Harbor à la sauce ovale, il y a de quoi se faire du mouron pour la suite des festivités. Samedi, le Raoul du petit matin a été ravi de voir qu'Estebanez était là où on l'attendait. C'est à dire loin, très loin du niveau de la World Cup. Dupneu l'avait mis en tête de gondole de ceux qui seraient les révélations tricolores de ce Mondial. Pari gagné dès la première sortie.
Pendant que Christian Jeanpierre s'enthousiasmait devant la qualité du spectacle – vas-y mon grand, continue comme ça, tu nous vends du rêve –, et qu'il nous assurait que le salut des Bleus était venu des seuls Clermontois alignés sur la pelouse néo-zélandaise, je me suis sacrément gaussé en voyant Rougerie rendre sa copie. Au niveau des stats, Skrela – un petit nouveau de l'ASM qui a vite refermé la page du Stade toulousain, heureusement – a fait fort lui aussi. Même pas dix minutes de jeu, un en-avant et une blessure qui risque de le renvoyer à la maison précipitamment. Ah ! Non, c'est vrai, Marco, lui, il fait uniquement confiance aux éclopés du rugby hexagonal. Les mecs en pleine bourre, ceux qui seraient en mesure de tenir la baraque, de transformer le XV de France en institut d'équarrissage, ils sont restés au pays et s'amusent en Top 14.
Du coup le péril jaune a failli avoir raison du Coq et je ne sais pas ce qui a été le plus marquant dans ce premier match du Mondial de l'équipe de France. Voir tout un groupe partir en déliquescence devant une quinzaine de joueurs plus ou moins asiatiques (ne vous méprenez pas sur mes propos et remémorez-vous la présence de messieurs Webb, Williams, Tupuailei, Arlidge ou Thompson sous la tunique rouge) ? Ou bien assister à cette scène incroyable quand la caméra « embarquée » dans la cabine du staff technique nous a dévoilé un Jo Maso en pleine colère tandis que Marc Lièvremont gobait les mouches en priant intérieurement pour qu'on le téléporte au plus vite à bord de l'Enterprise ?
Quand la Californie s'éveillera
Si Pierre Salviac avait encore été de ce monde, on aurait eu droit, à coup sûr, à un bon vieux « le cochon est dans la cabane et le maïs est tombé sur le chien », ou un truc approchant... En attendant, on n'a pas le cul sorti des ronces. Dimanche prochain, je connais quelques bûcherons canadiens qui vont vouloir faire du petit bois de nos vaillants handisports. La philosophie du technicien d'Anglet étant ce qu'elle est, c'est Parra qui va se retrouver aux affaires pour diriger la mêlée. Du coup, y a des chances pour qu'il soit l'un des premiers découpés par les buveurs de Labatt 50. Un mal pour un bien... Un drame national en perspective pour Christian Jeanpierre.
Pour en revenir à Lièvremont, si vous avez envie de rigoler un peu et que vous avez l'habitude d'entendre le petit oiseau bleu siffler au-dessus de vos têtes – que vous twittez quoi – , alors je vous conseille de suivre @Raymond_Lievre, l'avatar de qui vous savez. Un vrai bonheur.
Sinon, Raoul est toujours dans l'attente. Il a lancé un défi à ses consultants du bout du monde et la troupe joue les vierges effarouchées. Oh ! Les gars, c'est quand vous voulez pour venir au soutien. Ici, on a étayé, maintenant, s'rait peut-être temps de partir au ras pour aller déposer la béchigue à dame. Pardonnez ce langage. C'est le quota de langues étrangères qui m'est imposé par le comité de censure du « Petit cantalou illustré ». Il paraît même que je doive rendre un hommage appuyé au Duc, j'ai nommé Amédée Domenech. Mais là, faut pas exagérer.
J'ai tenu ma part du marché, maintenant faut passer la vitesse supérieure. Alors, il serait de bon ton que les bars de Costa Mesa ou de Perth ferment leur porte (je me comprends), parce qu'à partir de maintenant, y a du boulot et des claviers qui ne demandent qu'à chauffer.
Le son du jour, spéciale dédicace au Ricain, à l'Etoilé, au Kangourou et peut-être même au Seigneur de l'Atlas.
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